dimanche 19 février 2017

Lettre ouverte à Monsieur Emmanuel Macron, homme politique né d’une PMA entre le grand capital et les Minotaures de la repentance

Ce communiqué peut être repris à la condition d’en citer la source.

Lancé sur le marché politique tel un nouveau smartphone, vous êtes, Monsieur Macron, un ignorant butor dont les propos concernant la colonisation sont doublement inadmissibles.

1) En premier lieu parce qu’ils furent tenus à Alger, devant ces rentiers de l’indépendance qui, pour tenter de cacher leurs échecs, leurs rapines et la mise en coupe réglée de leur pays, mettent sans cesse la France en accusation.
Certains qui, parmi votre auditoire, applaudirent à vos propos d’homme soumis (cf. Houellebecq), et
devant lesquels vous vous comportâtes effectivement en dhimmi, sont en effet ceux qui, le 1er novembre 2016, publièrent un communiqué exigeant que la France :


« (…) présente des excuses officielles au peuple algérien pour les crimes commis durant les 132 ans de colonisation et pour les crimes coloniaux perpétrés à l’encontre du peuple algérien afin de rappeler les affres de la répression, de la torture, de l’exil, de l’extermination et de l’aliénation identitaire car l’histoire du colonialisme restera marquée par ses crimes de sang et ses pratiques inhumaines ».

Candidat à la présidence de la République française, vous avez donc donné votre caution à de telles exigences autant outrancières qu’insultantes. Ce faisant, vous vous êtes fait le complice des pressions et chantages que l’Algérie exerce à l’encontre de la France afin d’obtenir d’elle une augmentation du nombre des visas ou tel ou tel avantage diplomatique ou financier. En d’autres temps, vous auriez donc pu être poursuivi pour 
« Atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ».

2) Ensuite parce que vos propos constituent non seulement un recul de l’état des connaissances, mais également le viol de ce consensus historique auquel étaient arrivés les historiens des deux rives de la Méditerranée. Or, par ignorance ou par misérable calcul électoraliste, vous les avez piétinés.
Au nom de quelle légitimité scientifique avez-vous d’ailleurs pu oser les tenir ? Avez-vous seulement entendu parler des travaux de Jacques Marseille, de ceux de Daniel Lefeuvre ou encore des miens ?

Oser parler de « crime contre l’humanité », maladroitement rectifié en « crime contre l’humain », au sujet de la colonisation revient en réalité à classer cette dernière au niveau des génocides du XXe siècle, ce qui est proprement scandaleux. Sur ce terrain, vous voilà donc encore plus en pointe que Christiane Taubira, ce qui n’est pas peu dire...
Pierre Vidal-Naquet, pourtant militant de la décolonisation et « porteur de valises » assumé du FLN écrivait à ce sujet :


« Assimiler peu ou prou le système colonial à une anticipation du 3e Reich est une entreprise idéologique frauduleuse, guère moins frelatée que l’identification, à Sétif, (…)  de la répression coloniale aux fours crématoires d’Auschwitz et au nazisme (…). Ou alors, si les massacres coloniaux annoncent le nazisme, on ne voit pas pourquoi la répression sanglante de la révolte de Spartacus, ou encore la Saint-Barthélemy, ne l’auraient pas tout autant annoncé… En histoire, il est dangereux de tout mélanger. Un sottisier peut-il tenir lieu d’œuvre de réflexion ? (…) L’air du temps de la dénonciation médiatique (…), le contexte social, économique et politique actuel est encore fécond qui continuera à générer de telles tonitruances idéologiques à vocation surtout médiatique ».  J’ajoute électoralistes.

Vous devriez pourtant savoir, Monsieur le candidat à la présidence de la République, qu’en créant l’Algérie, la France donna un nom à une ancienne colonie ottomane, traça ses frontières, unifia ses populations, y créa une administration et toutes ses infrastructures.
Ce faisant, y aurait-elle commis  un « crime contre l’humanité » ou « contre l’humain » ? Les chiffres de l’accroissement de la population ne semblent pas l’indiquer puisqu’en 1830, la population musulmane de l’Algérie n’excédait pas 1 million d’habitants alors qu’en 1962 elle avait bondi à 12 millions.
Serait-ce donc en commettant des « crimes contre l’humanité » que la France, ses médecins et ses infirmiers soignèrent et vaccinèrent les populations et firent reculer la mortalité infantile ? Serait-ce parce qu’elle commettait des « crimes contre l’humain » que chaque année, à partir du lendemain du second conflit mondial, 250 000 naissances étaient comptabilisées en Algérie, soit un accroissement de 2,5 à 3% de la population, d’où un doublement tous les 25 ans ? A ce propos, relisons René Sédillot :


« La colonisation française a poussé l’ingénuité - ou la maladresse - jusqu’à favoriser de son mieux les naissances : non seulement par le jeu des allocations familiales, mais aussi par la création d’établissements hospitaliers destinés à combattre la stérilité des femmes. Ainsi, les musulmanes, lorsqu’elles redoutaient d’être répudiées par leurs maris, faute de leur avoir donné des enfants, trouvaient en des centres d’accueil dotés des moyens les plus modernes tout le secours nécessaire pour accéder à la dignité maternelle. (…)(L’histoire n’a pas de sens, Paris, 1965, page 71).

Enfin, puisque vos propos indécents tenus à Alger obligent à faire des bilans comptables, voici, Monsieur le candidat à la présidence de la République, celui qui peut être fait au sujet de l’Algérie française : en 132 années de présence, la France créa l’Algérie, l’unifia, draina ses marécages, bonifia ses terres, équipa le pays, soigna et multiplia ses populations, lui offrit un Sahara qu’elle n’avait jamais possédé après y avoir découvert et mis en exploitation les sources d’énergie qui font aujourd’hui sa richesse. Comme je ne cesse de l’écrire depuis des années, en donnant l’indépendance à l’Algérie, la France y laissa 70.000 km de routes, 4300 km de voies ferrées, 4 ports équipés aux normes internationales, une douzaine d’aérodromes principaux, des centaines d’ouvrages d’art (ponts, tunnels, viaducs, barrages etc.), des milliers de bâtiments administratifs, de casernes, de bâtiments officiels qui étaient propriété de l’Etat français ; 31 centrales hydroélectriques ou thermiques ; une centaine d’industries importantes dans les secteurs de la construction, de la métallurgie, de la cimenterie etc., des milliers d’écoles, d’instituts de formations, de lycées, d’universités. Dès l’année 1848, et alors que la conquête de l’Algérie était loin d’être achevée, 16 000 enfants en  majorité musulmans étaient scolarisés. En 1937 ils étaient 104 748, en 1952 400 000 et en 1960 800 000 avec presque 17 000 classes, soit autant d’instituteurs dont les 2/3 étaient Français (Pierre Goinard, Algérie : l’œuvre française. Paris,  1986).
En 1962, il y avait en Algérie, un hôpital universitaire de 2000 lits à Alger, trois grands hôpitaux de chefs-lieux à Alger, Oran et Constantine, 14 hôpitaux spécialisés et 112 hôpitaux polyvalents, soit le chiffre exceptionnel d’un lit pour 300 habitants.
Tous ces équipements, toutes ces infrastructures, tous ces établissements ainsi que les personnels qui les faisaient fonctionner avaient été payés par la France et avec l’argent des Français.

Monsieur le candidat à la présidence de la République, je vous poste ce jour en RAR mon dernier livre « Algérie, l’histoire à l’endroit »[1], afin que vous puissiez mesurer l’abîme séparant la réalité historique de vos inacceptables propos.

Bernard Lugan

[1] Ce livre est uniquement disponible via l’Afrique Réelle. Pour le commander :
http://bernardlugan.blogspot.fr/2017/02/nouveau-livre-de-bernard-lugan-algerie.html

mardi 7 février 2017

Nouveau livre de Bernard Lugan : Algérie, l'histoire à l'endroit


























Présentation :
Depuis 1962, l’écriture officielle de l’histoire algérienne s’est appuyée sur un triple postulat :
- Celui de l’arabité du pays nie sa composante berbère ou la relègue à un rang subalterne, coupant de ce fait, l’arbre algérien de ses racines. 
- Celui d’une Algérie préexistant à sa création par la France à travers les royaumes de Tlemcen et de Bougie présentés comme des noyaux pré-nationaux.
- Celui de l’unité d’un peuple prétendument levé en bloc contre le colonisateur alors qu’entre 1954 et 1962, les Algériens qui combattirent dans les rangs de l’armée française avaient été plus nombreux que les indépendantistes.
En Algérie, ces postulats biaisés constituent le fonds de commerce des rentiers de l’indépendance. En France, ils sont entretenus par une université morte du refus de la disputatio et accommodante envers les falsifications, pourvu qu’elles servent ses intérêts idéologiques. Dans les deux pays, ces postulats ont fi ni par rendre le récit historique officiel algérien aussi faux qu’incompréhensible.
Cinquante ans après l’indépendance, l’heure est donc venue de mettre à jour une histoire qui doit, comme l’écrit l’historien Mohamed Harbi, cesser d’être tout à la fois « l’enfer et le paradis des Algériens ».
Ce livre répond donc aux interrogations fondamentales suivantes : l’essence de l’Algérie est-elle Berbère ou Arabe ? Avant la conquête française, ce pays fut-il autre chose qu’une province de l’Empire ottoman ? Les résistances d’Abd el-Kader et de Mokrani furent-elles des mouvements pré-nationaux ?
Que s’est-il véritablement passé à Sétif et à Guelma en mai 1945 ? La France a-t-elle militairement perdu la guerre d’Algérie ? Quelle est la vérité sur le « massacre » du 17 octobre 1961 à Paris ? Enfin, peut-on raisonnablement affirmer que la France ait « pillé » l’Algérie comme le prétendent certains ?

Table des matières :

Chapitre I : 
- L’Algérie est-elle Berbère ou Arabe ?
Chapitre II : 
- Comment des Berbères chrétiens sont-ils devenus des Arabes musulmans ?
Chapitre III : 
- Pourquoi Bougie et Tlemcen n’ont-elles pas créé l’Algérie alors que Fès et Marrakech ont fondé le Maroc ?
Chapitre IV : 
- L’Algérie, Régence turque oubliée ou marche frontière de l’empire ottoman ?
Chapitre V : 
- Abd el-Kader, une résistance « nationale » ou arabe ?
- Mokrani, une résistance « nationale » ou berbère ?
Chapitre VI :
- Que s’est-il passé à Sétif et à Guelma au mois de mai 1945 ?
- Sétif au-delà des mythes
Chapitre VII :
- 1954-1962 : la « révolution unie », un mythe ?
- La revendication berbériste
Chapitre VIII :
- Le FLN a-t-il militairement vaincu l’armée française ?
- La guerre d'Algérie ne s'est pas terminée le 19 mars 1962
Chapitre IX :
- Le 17 octobre 1961 à Paris : un massacre imaginaire ?
Chapitre X :
- La France a-t-elle pillé l’Algérie ?


IMPORTANT : CE LIVRE EST UNIQUEMENT DISPONIBLE VIA L'AFRIQUE REELLE

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mercredi 1 février 2017

L'Afrique Réelle N°86 - Février 2016

SOMMAIRE :

Actualité :
- Algérie : comme un bateau ivre…
- Libye : l’implication russe peut-elle changer la donne ?

Dossier : Côte d’Ivoire, entre illusions et réalité
- Le nouveau naufrage des «experts »
- Le facteur-risque ivoirien

Dossier : Namibie et repentance
- La révolte des Herero et ses conséquences
- Du Sud-Ouest africain à la Namibie


Editorial de Bernard Lugan :

Le plus grave dans la crise majeure que traverse actuellement l’Afrique sud-saharienne tient au fait que ce sont ses « locomotives » qui ont déraillé. L’Afrique du Sud et le Nigeria qui représentent près de 50% du PIB continental sont ainsi en récession ou en quasi récession, la Côte d’Ivoire dévisse, l’Ethiopie se disloque et l’Angola est en faillite. Résultat, la croissance continentale s’est effondrée à 1,5 ou 1,6%. 
Or, à moins de 7% durant plusieurs années, il est impossible de faire reculer la pauvreté. Comme dans la plupart des pays, la croissance démographique est plus importante que la croissance économique, le continent s’enfonce donc chaque jour un peu plus dans le néant. Un néant masqué par quelques ilots de prospérité qui sont autant d’arbres cachant la forêt de misère qu’est l’Afrique.

La baisse du prix des matières premières est une cause importante de cette situation, mais là n’est pas l’essentiel. Les véritables causes du drame africain sont en effet ailleurs et, à ce sujet, je ne peux que renvoyer à mon livre Osons dire la vérité à l’Afrique[1]. Il y en a deux principales :

- L’absence de lucidité et le refus de la réalité. Depuis la décennie des indépendances, il y aura bientôt trois-quarts de siècle, l'Afrique se voit appliquer la « méthode Coué » à travers les annonces périodiques de son « démarrage ». Or, loin de « démarrer », l'Afrique sud saharienne revient au contraire au XVIIIe siècle et à l'économie de comptoir (pétroliers ou miniers), qui enrichit une poignée d'Africains cependant que l'immense majorité de la population tente de simplement survivre. Ce grand bond en arrière est illustré par un retour à la traite humaine à travers l'émigration qui se fait vers l'Europe. 

- L’impératif moral avec sa conséquence, le diktat démocratique, a empêché le « raccourci autoritaire » d'aller à son terme alors qu'il était peut-être porteur de cette notion d'Etat qui manque tant à l'Afrique.

Ceci étant, la résolution des problèmes africains passe par quatre préalables :

1) D’abord, maîtriser puis inverser la courbe démographique. Sans cela, rien ne pourra être entrepris. Une telle évolution serait une révolution et comme elle ne s’annonce pas, la situation est donc sans espoir.

2) Ensuite reconnaître le poids des fondamentaux ethniques. Au milieu de la désagrégation généralisée, l’ethnie constitue en effet ce plus petit commun dénominateur sur lequel il est possible de rassembler les hommes. Rassembler pour ensuite, éventuellement, élargir.

3) Puis, admettre que les principales crises africaines ont une origine historique, politique et culturelle. Tant que leur approche continuera d'être d'abord économique, elles n'auront aucune chance d'être traitées.

4) Enfin, comprendre qu'avant d'être francophones ou anglophones, chrétiens ou musulmans, les habitants de l'Afrique, sont d'abord des Africains qui parlent des langues africaines et qui ont leurs croyances car, et comme l'a dit le romancier ivoirien Ahmadou Kourouma : « [L'Afrique sud-saharienne] est habitée par des animistes, les uns teintés de christianisme, les autres d'islam. »

[1] Editions du Rocher, 2015. Il est également possible de commander le livre à l’Afrique Réelle sur notre blog.

mercredi 25 janvier 2017

Le « miracle ivoirien », cet autre mirage afro-optimiste

En Côte d’Ivoire, en dépit d’une croissance de près de 10% du PIB, l’année 2017 a commencé avec une mutinerie militaire. En plus de primes, les mutins exigeaient l’équivalent de 7500 euros… plus une maison. Des prétentions insensées dans un pays où plus de la moitié de la population survit avec un euro par jour. 
Paniqué et impuissant, le gouvernement céda immédiatement à ces demandes exorbitantes, mais, loin d’apaiser la situation, cette capitulation provoqua une réaction en chaîne.
Révélateurs de l’extrême faiblesse du régime, ces évènements conduisent à poser la question de savoir si Alassane Ouattara sera en mesure de tenir jusqu’à la fin de son mandat prévu en 2020.

Dans le numéro du mois de juin 2013 de l’Afrique Réelle, j’écrivais :
« Hissé au pouvoir par le président Sarkozy, Alassane Ouattara n’a toujours pas réussi à se dégager de l’image de fondé de pouvoir du nouvel ordre économique mondial qui lui colle à la peau. Arrivé à la présidence dans les fourgons des forces spéciales de l’ancien colonisateur, son prestige est limité ; c’est pourquoi il n’a pas réussi à prendre ses marques, prisonnier qu’il est d’une histoire politique dont il ne parvient pas à s’extraire ».
Cette analyse étant plus que jamais actuelle, à moins d’un redressement rapide et spectaculaire, l’avenir de la Côte d’Ivoire s’annonce donc difficile. Mais pour les « experts » et pour le FMI, tout va bien puisque les courbes du PIB sont bonnes…
Le prochain numéro  de l’Afrique Réelle que les abonnés recevront le 1 février contiendra un  dossier consacré à l’analyse de la crise ivoirienne et à une évaluation du facteur-risque de ce pays.

dimanche 15 janvier 2017

Libye : Vladimir Poutine redistribue les cartes

Le 11 janvier 2017, soit moins de deux mois après sa réception à Moscou par Vladimir Poutine (voir mon précédent communiqué), le général Haftar, s’est rendu à bord du porte-avions russe Amiral Kouznetzov qui croise actuellement en Méditerranée orientale. Ce déplacement hautement symbolique étrangement ignoré par les médias occidentaux, était destiné à rendre lisible par toutes les parties libyennes l’appui que la Russie fournit désormais à l’homme fort de Cyrénaïque.
Un conflit interminable et sans issue provoqué par la désastreuse intervention française de 2011[1], et dont la gestion calamiteuse s’est faite à travers le naufrage de la diplomatie de l’UE et de l’ONU, change donc de nature.
Il est en effet clair qu’entre une Cyrénaïque contrôlée par le général Haftar et une Tripolitaine en totale anarchie et où un président fantoche est porté à bout de bras par les Occidentaux, une nouvelle géographie militaire et politique de la Libye se dessine sous nos yeux.
Explication

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[1] Pour tout ce qui concerne cette guerre et les constantes politico-tribales de Libye, voir de Bernard Lugan Histoire de la Libye des origines à nos jours. En commande ici :
http://bernardlugan.blogspot.fr/2015/11/nouveau-livre-de-bernard-lugan-histoire.html

jeudi 5 janvier 2017

Egypte, Libye et Maroc : le triple coup de maître de Vladimir Poutine

Le général Haftar au Kremlin le 27 novembre 2016
Analyse de Bernard Lugan

L’une des conséquences de l’intervention de Moscou en Syrie est l’ouverture à la marine russe d’un accès permanent à la Méditerranée. Le succès d’une telle politique dans laquelle les Tsar et l’URSS avaient échoué, nécessite la mise à disposition de points d’appui.
Celui de Syrie étant sécurisé et l’Egypte se rapprochant de plus en plus de la Russie, Vladimir Poutine regarde maintenant vers la Libye et le port en eau profonde de Tobrouk en Cyrénaïque. D’où son soutien au général Haftar.
Mais le président russe voit plus loin. En appuyant le Maroc dans la question du Sahara occidental, c’est désormais l’ouverture sur l’océan atlantique qu’il prépare. Une telle réussite laisse sans voix les « castrats » de Bruxelles et les « beaux merles » du Quai d’Orsay. Quant à l’Algérie, la voilà paralysée et mise hors-jeu en raison de son soutien-boulet au Polisario.
De la Crimée au Maroc, cette politique russe qui rebat les cartes de la géopolitique méditerranéenne, a été menée en sept étapes et en moins de trois ans.
Explications et développement :

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samedi 31 décembre 2016

L'Afrique Réelle N°85 - Janvier 2017


























Sommaire

Actualité :
Ethiopie : le réveil de la tectonique ethnique

Economie :
2016, annus horribilis

Dossier : Quelle évolution pour la conflictualité africaine en 2017 ?
- L’Afrique du Nord et ses crises multiples
- L’arc de crise saharo-sahélien
- La Corne face à ses déterminismes
- L'Afrique centrale et ses foyers crisogènes


Editorial de Bernard Lugan 

L’année 2017 verra la permanence des grands foyers crisogènes africains qui sont étudiés à l’intérieur de ce numéro.
Il conviendra de suivre avec attention l’évolution de la situation économique et sociale du Tchad, pays gravement frappé par l’effondrement des cours du pétrole. Tout ce qui pourrait affaiblir le verrou tchadien aurait en effet des conséquences sur la stabilité régionale. De même, une déflagration en RDC et dans la région du Kivu provoquerait une onde de choc dans toute l’Afrique centrale. Dans l’est du continent, les échéances électorales pourraient perturber l’actuel essor économique du Kenya, cependant qu’au Mozambique, pays assis sur de colossales réserves en hydrocarbures, la guérilla de la Renamo et la stratosphérique corruption interdisent pour le moment tout véritable démarrage.

Durant l’année 2017, cinq grandes nouveautés pourraient modifier la géopolitique africaine :

1) Le retour de la malédiction ethnique éthiopienne risque de bouleverser les équilibres dans la région de la Corne et de ruiner la réussite économique du pays (voir la page 2).

2) La montée des tensions au Cameroun ajoute un nouveau foyer de désordre dans une région péri-tchadienne déjà bien instable. D’autant plus que le climat politique va connaître une crispation automatique à l’approche des futures échéances électorales (voir page 13).

3) En Afrique du Sud, l’année 2017 verra la désignation du successeur de Jacob Zuma par l’ANC. Quels seront les nouveaux rapports de force au sein du parti-Etat ANC ? Jacob Zuma réussira-t-il à imposer un candidat ayant ses faveurs ou sera-t-il mis en minorité ? Là est toute la question. En dehors de son ancrage zulu, quelle est encore la marge de manœuvre d’un président noyé sous les affaires et dénoncé comme « l’homme qui vole les pauvres » ?

4) Quelle sera la politique africaine de la nouvelle administration américaine ? Le président Trump manifestera-t-il un intérêt pour le continent africain autre que les stériles envolées lyriques de Barak Obama ?

5) Le retour de la Russie en Egypte et son implication en Libye aux côtés du général Haftar vont-ils peser sur la géopolitique régionale ?

Economiquement, l’année 2017 fera-t-elle oublier le calamiteux bilan de 2016, année durant laquelle la croissance économique dans l’Afrique sud-saharienne a atteint son plus bas niveau depuis 1999 avec entre 1,4% et 1,6% (FMI, 24 octobre 2016) ?
Ce chiffre qui pulvérise le credo des afro-optimistes est d’autant plus terrible qu’à moins de 7% de croissance durant plusieurs années, il est impossible de développer l’Afrique. Il illustre également le naufrage d’un continent dans lequel la croissance économique est désormais largement située en dessous de sa croissance démographique.
L’impasse est d’autant plus profonde que les deux géants économiques de l’Afrique sud-saharienne, ses « locomotives », sont dans une situation préoccupante. Le Nigeria est en effet entré en récession avec une croissance négative de -1,8%, et en Afrique du Sud la croissance de 0,1% a juste permis d’échapper à cette même récession.

mercredi 14 décembre 2016

Emile Gafirita abandonné à des assassins : inconséquence ou affaire d’Etat dans le bras de fer entre la France et le Rwanda ?

Communiqué de Bernard Lugan[1]

Emile Gafirita fut enlevé le 13 novembre 2014 à Nairobi. Il devait s’envoler le lendemain pour la France afin d’y être auditionné par les juges anti-terroristes Trévidic et Poux qui enquêtaient sur l'assassinat de Juvénal Habyarimana, le président du Rwanda. Il n’a pas réapparu depuis.
Selon ses dires, Emile Gafirita aurait été l'un des membres du commando de l’armée de Paul Kagamé qui, depuis la frontière de l'Ouganda jusqu'à Kigali, aurait transporté les deux missiles qui, le 6 avril 1994, abattirent l'avion du président Habyarimana.

Comme cet attentat déclencha le génocide du Rwanda, la question de savoir qui en sont les auteurs est donc primordiale. Et pourtant, il n’y eut pas d’enquête internationale sur ce crime qui coûta la vie à deux présidents en exercice, celui du Rwanda et celui du Burundi. Comme si la vie de deux chefs d’Etat africains avait moins de poids que celle d’un Premier ministre libanais (cf. l’affaire Hariri) ou pakistanais (cf. l’affaire Buttho).
Par les énormes pressions qu’ils exercèrent sur le Conseil de sécurité de l’ONU, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, alliés du régime de Kigali, réussirent en effet à interdire au TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda), de mener cette enquête. Comme le TPIR vient de terminer ses travaux, les auteurs de ce crime ne seront donc ni identifiés, ni poursuivis par la justice internationale[2].

L’enquête française

Saisi par les familles de l’équipage français de l’avion présidentiel rwandais, le parquet anti-terroriste français chargea le juge Bruguière d’enquêter sur cette affaire. Ce dernier réussit à obtenir les numéros de série des deux missiles SA 16 IGLA qui abattirent l’avion (respectivement 04-87-04814 et 04-87-04835). La traçabilité de ces deux missiles a été établie grâce à la coopération judiciaire de la Russie. Nous savons ainsi que ces deux missiles portables SAM 16 faisaient partie d’un lot de 40 missiles SA 16 IGLA livrés à l’armée ougandaise quelques années auparavant par Moscou. Or, Paul Kagamé et ses principaux adjoints furent officiers supérieurs dans l’armée ougandaise avant la guerre civile rwandaise et, de 1990 à 1994, l’Ouganda fut la base arrière, mais aussi l’arsenal de l’APR (Armée patriotique rwandaise). Sur ce point les travaux du TPIR permettent des certitudes. De plus, comme cela a été établi, toujours devant le TPIR, l’armée rwandaise ne disposait pas de tels missiles. Le juge Bruguière identifia également les chauffeurs des véhicules utilisés pour transporter ces deux missiles depuis l’Ouganda jusqu’au casernement de l’APR situé au centre de Kigali, et de là, jusqu’au lieu de leur tir qu’il localisa. Il réussit également à mettre des noms sur les deux tireurs et sur les membres de leur escorte.
En 2007, au terme de son enquête, le juge rendit une ordonnance dans laquelle il désigna le général Kagamé - protégé par son immunité de chef d’Etat -, comme étant le commanditaire de l’attentat. En conséquence de quoi, il lança plusieurs mandats d’amener contre des membres de son premier cercle considérés par lui comme étant directement mêlés à cet acte terroriste.  

En juillet 2013, puis en janvier 2014, le juge Trévidic qui avait succédé au juge Bruguière, interrogea Jean-Marie Micombero. Cet ancien secrétaire général au ministère rwandais de la Défense et qui, le 6 avril 1994, était affecté à une section chargée du renseignement dépendant directement de Paul Kagamé, confirma au juge les noms et les grades des hommes qui, le 6 avril 1994, auraient tiré les deux missiles qui abattirent l’avion présidentiel. Il livra également nombre de détails sur les préparatifs et sur le déroulement de l’attentat[3]. Ces déclarations recoupaient en les confirmant celles qui avaient été recueillies par le juge Bruguière auprès d’autres témoins.

La passivité de la justice française devant les assassinats des témoins

Si toutefois il n’était pas fantaisiste, le témoignage d’Emile Gafirita allait donc peut-être permettre de faire avancer l’enquête.
Dans la procédure de réouverture d'instruction qui était alors en cours, la teneur de ce que le témoin-acteur allait dire aux juges était accessible à la Défense. Cette dernière informa ses clients de l’existence d’Emile Gafirita et de son prochain témoignage. Avocat de l’Etat rwandais  (Afrikarabia, 19 octobre 2016) et de 6 des 7 mis en examen, M° Léon-Lef Forster, dans un entretien avec la journaliste canadienne Judi Rever[4] l’a reconnu:« J’ai informé les mis en examen, un avocat a l’obligation d’indiquer à ses clients où en est la procédure…il est parfaitement légitime que les clients soient informés des raisons pour lesquelles le dossier est ré-ouvert ».

A partir de ce moment, Emile Gafirita fut en danger de mort [5]. Dans ces conditions, il est pour le moins « insolite » que les juges français qui allaient l’interroger n’aient pas pris la précaution de le mettre sous protection. D’autant plus qu’Emile Gafirita se savait menacé et que, dans l’attente de sa convocation qui arriva le jour de sa disparition, il avait écrit par mail à son avocat, M° Cantier, qu’il souhaitait être entendu : «  le plus vite serait le mieux avant qu’ils ne me fassent taire à jamais ».

Emile Gafirita avait demandé à être entendu sous X avec le statut de « témoin protégé », ce qui ne lui fut pas accordé par le juge Trévidic. Et pourtant, comme l’a révélé plus tard Emmanuel Fansten dans Libération du 4 mars 2015, à la même époque, le juge Trévidic qui enquêtait sur l’attentat de la rue Copernic entendit sous X un ancien membre du groupe Abou Nidal.
Pourquoi une telle différence de traitement ? Le juge Trévidic justifia son refus d’entendre anonymement Emile Gafarita «  par le nombre conséquent de manipulations constatées dans l’instruction» (Jeune Afrique, 9 décembre 2014). Cette explication laisse pour le moins perplexe car le juge d’instruction a précisément parmi ses missions celle de faire le tri entre les éléments qu’il recueille. Dans tous les cas,  ceux qui enlevèrent Emile Gafirita ne partageaient  pas ses doutes…

Emile Gafirita qui vivait clandestinement depuis quelques semaines à Nairobi sous un nom d'emprunt fut donc laissé seul et sans protection dans une ville où, en 1996 et en 1998, avaient déjà été assassinés le colonel Théoneste Lizinde et Seth Sendashonga, deux très hauts responsables rwandais ayant fait défection. En privé, le premier prétendait avoir indiqué la ferme de Masaka comme le lieu le plus propice pour commettre l’attentat du 6 avril 1994 ; quant au second, ancien ministre de l’Intérieur, il détenait également bien des secrets sur les événements du mois d’avril 1994.

Dans cette dramatique affaire, comment qualifier autrement que par « insolite », l’angélisme ou la « légèreté » du juge Trévidic ? D’autant plus qu’après les meurtres « anciens », de Théoneste Lizinde et de Seth Sendashonga, d’autres, plus récents, avaient tragiquement montré que Kigali n’hésitait pas à faire assassiner quiconque était susceptible de parler au sujet de l’attentat du 6 avril 1994.
Le 9 juillet 2013, Sonia Rolley, journaliste à RFI, avait ainsi publié deux entretiens exclusifs avec deux des plus hauts responsables du régime de Kigali ayant fait défection et qui s’étaient réfugiés en Afrique du Sud. Il s’agissait du général Faustin Kayumba Nyamwaza, ancien chef d’état-major de l’APR (Armée patriotique rwandaise) qui, le 6 avril 1994, était le responsable du renseignement militaire, et du colonel Patrick Karegeya, ancien chef des renseignements extérieurs du Rwanda de 1994 à 2004.
Ces deux très hauts dignitaires accusaient le général Kagamé d’être le donneur d’ordre de l’attentat du 6 avril 1994, et, depuis plusieurs années, ils demandaient, toujours en vain, à parler à la justice française. On se doit de rappeler à ce propos que le général Kayumba Nyamwaza était sous le coup d’un mandat d’amener du juge Bruguière et que refuser de l’entendre était donc « singulier ».
D’autant plus que les autres mis en examen avaient, eux, été  entendus à Bujumbura, au Burundi, par les juges Trévidic et Poux du 6 au 14 décembre 2010, et sans que les parties civiles n’en soient semblerait-il prévenues. Le quotidien Le Monde avait, à l’époque, relaté ce déplacement dans les termes suivants : « L’interpellation des personnalités visées s’étant révélée impossible, leurs avocats, Lev Forster et Bernard Maingain, ont négocié avec les juges ce curieux détour par Bujumbura ».

Pourquoi les juges Trévidic et Poux ne recueillirent-ils pas les témoignages du colonel Karegeya et du général Nyamwaza ? L’on nous dit que l’Afrique du Sud n’avait pas répondu à la demande française d’aide judiciaire. Certes, mais l’instruction avait tout de même les moyens de savoir s’il s’agissait ou non d’affabulateurs.
Dans tous les cas, pour le régime de Kigali il était clair qu’il ne s’agissait pas de mythomanes puisqu’il lança des escadrons de la mort à leurs trousses.
Le colonel Patrick Karegeya fut ainsi assassiné par strangulation le 31 décembre 2013, dans sa chambre d’hôtel à Johannesburg. Quant au général Nyamwaza, il échappa à trois tentatives d’assassinat dont l’une le laissa quasiment  pour mort, avec notamment une balle dans l’estomac.
Page 302 de son livre Charles Onana [6] rapporte des propos tenus par le colonel Karegeya peu avant son assassinat : « (…) Tout ce que fait votre juge (Trévidic) se trouve dans les médias, même les noms des témoins qui peuvent ainsi être retournés par Kigali ou assassinés ».

A la suite de l’assassinat du colonel Karegeya, les autorités sud-africaines expulsèrent plusieurs diplomates rwandais qu’elles accusaient d’avoir partie liée à ce meurtre et le 10 septembre 2014, la justice sud-africaine condamna quatre hommes à huit ans de prison chacun pour tentative d’assassinat sur le général Nyamwaza. Dans le jugement, il est écrit que cette tentative d’assassinat politique avait été ourdie au Rwanda.

Le 16 janvier 2014, par la voix de Mme Jen Psaki, son porte-parole, le département d’Etat américain s’est dit « troublé par une succession de meurtres d’exilés rwandais qui semblent avoir une motivation politique. Les déclarations récentes du président Kagamé à propos « des conséquences pour ceux qui trahiraient le Rwanda » nous inquiètent au plus haut point ». Quelques jours plus tard, le Foreign Office britannique s’exprima dans des termes voisins.

Quant au Quai d’Orsay, le silence du ministre Fabius y fut aussi assourdissant que celui du ministre Taubira à la Chancellerie…

L’ultime manœuvre de Kigali

Relais constant des thèses du régime de Kigali, la presse française (notamment Libération, et plus récemment Le Monde) est restée étrangement « pudique » sur le scandale judiciaire, humain et peut-être même politique, que constitue l'enlèvement d'Emile Gafirita, venant après le meurtre du colonel Karegeya et les trois tentatives d’assassinat du général Nyamwaza.

En revanche, cette même presse s’est récemment et très largement, fait l’écho de la volonté du régime du général Kagamé d’inculper des officiers français dans un dossier fabriqué de toutes pièces par ses services. Mais en cachant toutefois à ses lecteurs qu’il s’agissait là d’une ultime manœuvre destinée à décourager le juge Jean-Marc Herbaut, successeur du juge Trévidic, d’interroger enfin le général Nyamwaza.

Un retour en arrière est ici nécessaire. En 2014, M°Lef Forster et Bernard Maingrain avaient assuré leurs clients que l’instruction était terminée et qu’une ordonnance de non-lieu allait être rendue.
Les deux avocats avaient même publié le très aventureux communiqué suivant : « Ce 8 juillet 2014, Mme et M. les juges d’instruction Poux et Trévidic ont décidé de mettre fin à l’instruction concernant l’attentat de l’avion Falcon survenu le 6 avril 1994 » indiquent Mes Léon-Lef Forster et Bernard Maingain (…) La défense qui fut très patiente, attend désormais que le non-lieu soit prononcé au plus vite (…) ajoutent les deux avocats »(Reuters, 8 juillet 2014 et rfi.fr/afrique 09-07-2014).

Or, il ne fut pas mis fin à l’instruction et le général Nyamwaza continua à demander à être auditionné par les magistrats français. Comme le juge Jean-Marc Herbault, successeur du juge Trévidic, a lancé une commission rogatoire internationale pour l’entendre, nous saurons donc bientôt si ce que lui aura dit le général permettra de faire avancer le dossier.

La décision du juge provoqua la fureur du régime de Kigali et c’est donc clairement pour exercer un nouveau chantage sur l’instruction que fut annoncée l’intention rwandaise d’inculper des officiers français.
Quant à M° Léon Lef Forster, paraissant perdre tout sens de la mesure, il déclara qu’il allait contester cette commission rogatoire vue par lui comme « une tentative de déstabilisation du Rwanda ourdie par un arrière-cabinet occulte négationniste » (sic). Et il posa l’étonnante question suivante : « Pourquoi, plus de vingt ans après les faits, un personnage découvre-t-il qu’il a des informations nouvelles à fournir ? Pourquoi, pendant des années ne l’a-t-il pas fait ? » (rfi.fr/afrique 08-10-2016).

La tentative d’enfumage de M° Forster n’abusera personne car :

1) Il est trop bien placé dans le dossier pour ignorer que c’est depuis 2010 que le général Nyamwaza demande à être entendu.

2) Si le général Nyamwaza est un affabulateur comme le soutient Kigali, et si, comme l’a déclaré M° Forster, son témoignage est « risible » et « absurde » (Jeune Afrique 18 octobre 2016, en ligne), pourquoi, et par trois fois, a t’on voulu le faire taire en tentant de l’assassiner ?

[1] Expert assermenté devant le TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda) dans les affaires Emmanuel Ndindabahizi (TPIR-2001-71-T), Théoneste Bagosora (TPIR-98-41-T), Tharcisse Renzaho (TPIR-97-31-I), Protais Zigiranyirazo. (TPIR-2001-73-T),  Innocent Sagahutu (TPIR-2000-56-T), et Augustin Bizimungu (TPIR- 2000-56-T). Commissionné dans les affaires Edouard Karemera (TPIR-98-44 I) et J.C Bicamumpaka. (TPIR-99-50-T).  La synthèse des rapports remis à l’occasion de ces expertises ainsi que celle des travaux du TPIR et l’état des connaissances sur la question du génocide du Rwanda a été faite dans Bernard Lugan ( 2014 ) Rwanda: un génocide en questions. Le Rocher. Disponible sur Amazon ou directement à l’Afrique Réelle, BP 45, 42360 Panissières, contre un chèque de 30 euros port en colissimo compris. Pour l’étranger 35 euros.
[2] Voir le documentaire de la BBC qui présente une analyse du génocide du Rwanda et des responsabilités concernant son déclenchement : Rwanda's Untold Story http://vimeo.com
[3] Voir à ce sujet l’interview recueillie par Pierre Péan intitulée « J’ai assisté à la préparation de l’attentat qui a déclenché le génocide » (Marianne numéro du 28 mars au 3 avril 2014).
[4] Judi Rever « Witness in French inquiry into 1994 Rwanda plane crash disappears ». 20 novembre 2014 en ligne.
[5] Le 18 novembre 2014, le professeur belge Filip Reyntjens, juriste spécialiste du Rwanda et expert devant le TPIR, écrivit à M° Bernard Maingain, avocat belge des mêmes officiels rwandais mis en examen par le juge Bruguière : « Si vous avez communiqué le nom de M. Gafirita, qu’on ne verra probablement plus, à vos clients rwandais, vous devriez avoir honte et votre conscience devrait être lourde »( cité par Jeune Afrique, 9 décembre 2014).
[6] Charles Onana, La France dans la terreur rwandaise, éditions Duboiris, 2014.